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23.04.2026
Évolution de la pratique

Démographie médicale : vers la fin de la pénurie de médecins ?

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  • La profession rajeunit, se spécialise et travaille de plus en plus en groupe
  • Les littoraux, les grands centres urbains et frontaliers sont toujours mieux dotés en praticiens que la diagonale du vide

Le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) a publié ses données démographiques 2026. Les chiffres montrent un progrès sensible en termes de nombre de médecins et confirment les tendances au rajeunissement. Toutefois, ces éléments positifs sont encore insuffisants pour assurer un accès aux soins qualitatif pour l’ensemble de la population. Retour sur les éléments clés du rapport.

Une nouvelle génération arrive

Depuis trois ans, la situation démographique des professions médicales s’améliore d’après L’Atlas de la démographie médicale 2026. La progression du nombre de praticiens a atteint en 2026, un taux de 1,9%. En conséquence de quoi, les médecins actifs sont aujourd’hui 245 847.

Cet accroissement s’accompagne d’un rééquilibrage de la pyramide des âges en faveur des plus jeunes. Désormais les moins de 40 ans représentent 31,1% de la profession.

En parallèle, les plus anciens partant à la retraite, l’âge moyen a tendance à baisse et s’établit à 49,9 ans en global et à 47,5 ans pour les actifs réguliers. In fine, le solde des entrées et sorties est positif au 1er janvier 2026 de 3979 praticiens.

Un profil type marqué par la modification des modes de pratiques

En 2026, 47% des médecins sont salariés, 41,6% exercent en libéral et 11,4% sont en activité mixte. La tendance qui se faisait jour depuis quelques années se confirme donc : le salariat devient le mode majoritaire d’exercice. Plusieurs explications à cela.

La première est la préférence pour les spécialités médicales avec 45,8% des professionnels ayant fait de choix. Or, 59,9% de ces médecins spécialistes sont salariés.

La deuxième tient au développement de la pratique en centre de santé. Elle a augmenté de + 73% depuis 2016 et confirme la préférence des plus jeunes pour des exercices où il leur est possible de déléguer les tâches administratives.

Une autre évolution de la profession apparaît dans le rapport : la tendance à la baisse du nombre d’actifs réguliers. En 2010, 92,8% des inscrits étaient dans cette catégorie contre 83,5% en 2026. Le principal facteur explicatif de ce phénomène est la pratique, désormais classique, du passage par le cumul emploi-retraite à temps partiel en fin de carrière.

Parité acquise ! 50,5% des médecins sont des femmes en 2026

Une progression du nombre de médecins encore insuffisante

S’il y a plus de médecins, cela ne signifie pas encore un accès aux soins simplifié. Le CNOM tente ainsi dans son rapport de mesurer l’accessibilité potentielle localisée (APL) à un médecin généraliste libéral et constate que dans une grande majorité des territoires celle-ci ne progresse pas.

Seuls quelques grands centres urbains bénéficient à la fois d’une hausse des praticiens et de l’APL, par exemple Rennes ou Marseille. Tous les autres souffrent de déséquilibres qui prennent leurs racines dans des facteurs défavorables comme la croissance démographique, la progression de la population des plus de 65 ans, la tendance à l’installation dans les grandes métropoles, les littoraux et les territoires frontaliers.

Les régions les plus impactées, à savoir celles de la diagonale du vide, cumulent le plus souvent ces facteurs défavorables et pourraient connaître des évolutions négatives pendant encore quelque temps. Car, constate le CNOM, le développement des pratiques de groupes, qui est une bonne réponse aux questions d’accès aux soins, reste trop concentré dans les grandes zones urbaines.

Toutefois, peut-être pour finir sur une note positive, le conseil estime que, la démographie médicale continuant à progresser, le rééquilibrage pourrait avoir lieu à l’instar de ce qui s’est passé pour les sages-femmes et les infirmières. Avec une progression des effectifs de 2% par an prévue jusqu’en 2040, l’hypothèse est plausible, toutes choses étant égales par ailleurs.

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