Ce qu’il faut retenir :
- Le revenu moyen d’une activité infirmière libérale s’établissait à 3731 € par mois en 2022
- La bonne gestion du planning ou la chasse anti-gaspi peuvent permettre d’améliorer le niveau de revenus
- La spécialisation et les soins hors nomenclatures sont également une piste pour diversifier et faire progresser la rémunération
- Le gouvernement annonce réfléchir à une offre de location de véhicules électriques pour certaines professions dont les IDEL pour réduire leurs frais d’énergie
- La négociation sur les revalorisations se poursuit
Obtenir le meilleur niveau de revenu tout en étant au service de la patientèle : c’est l’objectif de tous les infirmiers libéraux. Concrètement, la rémunération dépend, au-delà de la facturation des actes, d’éléments variés à prendre en compte. Récapitulatif des points clés à vérifier.
En moyenne, selon les chiffres d’Arcolib établis sur la base de près de 5000 praticiens, le résultat net annuel moyen d’une activité infirmière libérale était de 44 780 € en 2022 soit 3731 € par mois. L’enjeu pour les professionnels est de conserver ou améliorer ce niveau de revenu. Et les leviers existent.
Bien évidemment le premier est le développement de la patientèle. Toutefois, les journées ne font que 24h et les infirmiers souhaitent, comme tout un chacun, préserver l’équilibre vie professionnelle/vie privée. Cependant, il suffit parfois d’une organisation optimisée du planning pour passer de 25 à 30 voire à 35 soins par jour sans rien changer à ses horaires. En augmentant le nombre d’actes, il est possible d’obtenir un chiffre d’affaires plus élevé.
Une autre piste pour avoir de meilleurs revenus consiste à réaliser des actes hors de la nomenclature. Par exemple, vous pouvez envisager de faire :
– des vaccinations en entreprise,
– des soins de confort ou esthétique, précieux et souvent demandés par la patientèle à domicile,
– des actes de prévention,
– des cours dans les instituts de formation des futurs IDEL.
Dernier axe pour augmenter le niveau de revenu : bien vérifier ses facturations et notamment celles des majorations, qu’il s’agisse de celles de nuit ou d’actes uniques.
Enfin, bien sûr, il ne faut pas oublier les indemnités kilométriques. En général, les logiciels de gestion facilitent la tâche sur ce levier.
La spécialisation et/ou la pratique avancée
Un infirmier qui a une appétence pour certains soins spécifiques peut, pour améliorer son niveau de revenu, envisager de se spécialiser, par exemple dans les soins palliatifs. Ce type de spécialisation permet de facturer des majorations de coordination qui viennent compléter le revenu.
Pour ceux qui veulent ou peuvent aller plus loin, il est également possible de devenir infirmier en pratique avancée. Il s’agit d’un mode assez différent d’exercice de la profession. Il a été défini par les avenants 7 et 9 à la convention infirmière. Il donne la possibilité de réaliser des actes sans prescription, de prescrire et renouveler des prescriptions. L’infirmier en pratique avancée a des responsabilités plus larges et bénéficie, par conséquent, de rémunérations plus élevées. La clef PAI qui concerne leurs actes est fixée à 10 €. Se rajoutent également des forfaits de suivi ou ponctuel. Bien évidemment, il faut suivre la formation de deux ans pour obtenir la qualification nécessaire. Et cela peut vouloir dire une perte de revenus. Toutefois, cette formation est prise en charge à hauteur de 15000 € sous conditions. Et les IPA sont accompagnés financièrement par la CPAM pour leur installation.
La question des charges de fonctionnement
Sur 100 € de rentrées, l’IDEL perçoit in fine 53,53 €. La différence en termes de rémunération finale dépend des dépenses. Ce qui veut dire qu’en optimisant celles-ci vous pouvez améliorer votre revenu net.
Certaines dépenses sont incompressibles, comme les cotisations sociales (sécurité sociale et Carpimko). Elles sont proportionnelles à votre chiffre d’affaires donc ce n’est pas là où vous pouvez réduire vos frais. En revanche, vous pouvez rechercher des améliorations sur plusieurs points.
D’abord sur les déplacements : comme pour les actes, la bonne gestion du planning doit vous permettre de réduire ceux-ci et d’éviter un maximum d’aller-retours non essentiels. Vous gagnerez en consommation de carburant. Pensez aussi à ne rater aucune révision de votre véhicule. Une voiture bien réglée consomme juste ce qu’il faut. Pour ceux qui pratiquent en zone périurbaine, il peut être intéressant de passer à l’hybride. Pour les petits trajets, vous pourrez rouler à l’électricité, bien moins onéreuse que l’essence voire même que le diesel.
Sont aussi à envisager toutes les attitudes anti-gaspi notamment sur les fournitures aussi bien de matériel médical que de matériel de bureau.
Est à suivre également la réflexion du gouvernement sur une offre de location de véhicules électriques spécifiquement conçue pour les professions qui utilisent beaucoup leur voiture.
La pratique de groupe : une solution souvent payante
Avec le véhicule, le loyer du cabinet est un des plus gros postes de frais et d’après les chiffres déjà cités, il a augmenté de plus de 5% entre 2022 et 2023. Dans les zones urbaines denses et même, désormais, dans les zones péri-urbaines, le prix du m2 disponible est à la hausse. Pour un seul IDEL, la charge est ainsi importante.
C’est pourquoi, il peut être intéressant de rejoindre un cabinet de groupe. Et il n’est pas forcément nécessaire de partager la patientèle pour cela. En revanche, vous pourrez diminuer les frais de location, d’électricité, etc.
Une autre possibilité est de rejoindre une maison de santé pluriprofessionnelle. Toutefois selon la taille et l’organisation de celle-ci, les frais peuvent rester relativement élevés : une étude précise s’impose.
En vérifiant ces différents points, vous pouvez optimiser au maximum vos rémunérations sans pour autant surcharger vos journées.