Ce qu’il faut retenir :
- En 2026, le forfait structure disparaît au profit de la DONUM (Dotation Numérique), recentrée sur les usages effectifs des outils numériques — jusqu’à 2940 € par an pour les médecins qui valident tous les indicateurs.
- Le nouveau Forfait Médecin Traitant (FMT) fusionne l’ancien forfait patientèle et la ROSP : un calcul individualisé par patient, tenant compte de l’âge, des pathologies chroniques et du parcours de prévention.
- Le Ségur numérique vague 2 impose de nouvelles exigences aux logiciels métiers (LGC) : interopérabilité renforcée, consultation obligatoire du DMP, ordonnance numérique — avec des échéances à ne pas manquer.
- Ces évolutions réglementaires sont directement intégrées dans les outils numériques des médecins : tableau de bord AméliPro, téléservices, logiciels de gestion de cabinet référencés Ségur.
La convention médicale 2024-2029 a profondément reconfiguré la rémunération forfaitaire des médecins libéraux au 1er janvier 2026. DONUM, nouveau FMT, vague 2 du Ségur numérique : Maiia et La Revue du Praticien ont réuni experts et praticiens pour décrypter ces évolutions — et expliquer comment elles se traduisent concrètement dans les outils numériques du cabinet.
Les 1er janvier marquent souvent des changements réglementaires attendus. Celui de 2026 n’a pas fait exception : la seconde vague de mesures de la convention médicale 2024-2029 est entrée en vigueur, redessinant en profondeur l’architecture des rémunérations forfaitaires des médecins libéraux — pour un coût estimé à 350 millions d’euros en année pleine par l’Assurance maladie. Pourtant, entre la complexité des textes conventionnels, les calendriers de versement décalés et l’impact sur les logiciels métiers, il n’est pas toujours simple de savoir ce qui change vraiment, quand, et pour qui. C’est précisément l’objet du webinaire co-animé par Maiia et La Revue du Praticien, dont le replay est disponible ci-dessous, suivi d’un article complet.

La DONUM remplace le forfait structure : ce qui change pour votre cabinet
Depuis le 1er janvier 2026, le forfait structure n’existe plus. Il cède la place à la Dotation Numérique (DONUM), instaurée par la convention médicale 2024-2029. L’objectif affiché de l’Assurance Maladie est clair : passer d’une logique d’équipement à une logique d’usage effectif des outils numériques sécurisés.
La DONUM repose sur deux indicateurs socles obligatoires — dont la validation conditionne l’accès à l’ensemble du dispositif — et trois indicateurs optionnels. Le premier indicateur socle porte sur l’équipement : le médecin doit disposer d’un logiciel métier référencé Ségur, intégrant un logiciel d’aide à la prescription (LAP) conforme à la dernière version du cahier des charges Sesam Vitale. Le second porte sur l’usage des téléservices de l’Assurance Maladie (déclarations de médecin traitant dématérialisées, télétransmission des feuilles de soins électroniques), avec une cible fixée à 60 % d’utilisation en 2026, puis 80 % en 2028.
Les trois indicateurs optionnels valorisent l’usage de téléservices complémentaires (certificat AT-MP dématérialisé, déclaration de grossesse, prescription électronique de transport), ainsi que l’alimentation du DMP et l’ordonnance numérique. Le montant maximal de la DONUM est fixé à 2 940 € par an (280 points pour le socle à 7 € le point = 1 960 €, auxquels s’ajoutent 140 points optionnels = 980 €). La première rémunération DONUM sera versée en 2027, au titre de l’activité 2026. Les indicateurs seront visibles chaque trimestre sur AméliPro.
À noter : les médecins ont jusqu’à fin 2027 pour se doter d’un logiciel référencé Ségur vague 2 — mais anticiper reste fortement conseillé pour valider les indicateurs dès 2026. Pour plus de précisions, rendez-vous sur la fiche détaillée sur la DONUM publiée par l’ANS.
Le nouveau Forfait Médecin Traitant (FMT) : une rémunération individualisée par patient
L’autre grande réforme de janvier 2026 est la création du Forfait Médecin Traitant (FMT), qui fusionne deux dispositifs existants : le forfait patientèle médecin traitant (FPMT) et la Rémunération sur Objectifs de Santé Publique (ROSP). Cette fusion n’est pas qu’une simplification comptable — elle change la logique de calcul.
Le FMT est désormais calculé patient par patient, en tenant compte de l’âge, de la présence d’une ALD, de la situation sociale (bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire) et du parcours de prévention. Concrètement :
- Le montant socle va jusqu’à 100 € par an pour un patient de plus de 80 ans en ALD.
- Une majoration de 10 € est appliquée pour tout bénéficiaire de la CSS.
- Des majorations géographiques et démographiques s’appliquent pour les médecins en zone sous-dense, les praticiens de 67 ans et plus (+10 % du forfait socle), et les primo-installés (+50 % la 1re année, +30 % la 2e).
- Une majoration prévention de 5 € par indicateur validé par patient viendra compléter le dispositif — mais son versement n’interviendra qu’en 2027, au titre de l’activité 2026.
Sur le plan pratique, le calendrier de versement est le suivant : les deux premières échéances du FMT (soit 50 % du montant annuel) ont été regroupées et versées en juin 2026. Les 25 % suivants ont été versés en septembre, puis en novembre. Quant à la ROSP 2025 (ancien système), elle a été versée en avril 2026 comme d’habitude. Retrouvez le détail complet sur la page ameli.fr — Nouveau forfait médecin traitant.
Ségur numérique vague 2 : ce que votre logiciel doit intégrer — et quand
Lancée officiellement en mai 2024, la vague 2 du Ségur numérique en santé s’étend progressivement à l’ensemble des acteurs de la médecine de ville. Pour les médecins libéraux, elle concerne le Logiciel de Gestion de Cabinet (LGC), dont les exigences de référencement ont été publiées par l’arrêté du 30 avril 2025, modifié par l’arrêté du 8 juin 2026 — lequel reporte de six mois l’ensemble des échéances applicables au couloir Médecine de ville.
Par rapport à la vague 1, la vague 2 marque un changement de paradigme : il ne suffit plus d’envoyer des documents vers Mon espace santé. Le logiciel doit désormais permettre au médecin de consulter le DMP avant toute prise en charge, d’intégrer les documents reçus dans le dossier patient, et de fluidifier les échanges via MSSanté. L’ordonnance numérique et des exigences renforcées en matière de cybersécurité (test d’intrusion obligatoire par un prestataire qualifié PASSI) font également partie des nouvelles exigences.
Pour les médecins de ville, le calendrier actualisé à retenir est désormais le suivant :
- 22 juillet 2026 : les candidats au référencement doivent fournir à l’ANS 25 preuves du profil général (tous chapitres confondus). Il ne s’agit pas encore d’un dossier complet de conformité, mais d’une étape intermédiaire de qualification.
- 20 janvier 2027 : dépôt du dossier complet de preuves de conformité.
- 6 avril 2027 : fin des échanges avec l’ANS pour validation du dossier de référencement.
- 16 juillet 2027 : limite de dépôt des demandes de financement et de paiement de l’avance.
- 20 janvier 2028 : date limite de réalisation des prestations Ségur vague 2 par les éditeurs.
- 13 avril 2028 : limite de dépôt des demandes de paiement du solde.
Ces délais concernent les éditeurs de logiciels, pas directement les médecins. Mais ils déterminent quand les mises à jour seront disponibles dans votre logiciel — et donc quand vous pourrez valider les nouveaux indicateurs de la DONUM liés aux usages Ségur vague 2. Le programme de référencement et ses arrêtés modificatifs sont consultables sur le site de l’ANS.
L’impact concret dans vos outils numériques
Ces évolutions réglementaires ne restent pas dans les textes : elles se traduisent directement dans les outils numériques que les médecins utilisent au quotidien. Trois grandes transformations sont à anticiper.
- Le tableau de bord AméliPro devient le poste de pilotage central de vos rémunérations forfaitaires. Depuis fin avril 2026, il donne accès aux premiers indicateurs de suivi du FMT (dépistage du diabète, dépistage de la maladie rénale chronique, suivi biologique du diabète). Il sera enrichi progressivement jusqu’en 2027 avec l’ensemble des 15 indicateurs de prévention du FMT.
- Les téléservices de l’Assurance Maladie — déclarations de médecin traitant dématérialisées, feuilles de soins électroniques, prescription électronique de transport — conditionnent désormais directement une partie de vos rémunérations via les indicateurs optionnels de la DONUM. Leurs taux d’usage sont suivis et reportés dans AméliPro.
- Le logiciel de gestion de cabinet est au cœur du dispositif. Pour valider l’indicateur socle de la DONUM, il doit être référencé Ségur et intégrer les dernières mises à jour (Sesam Vitale, INS, DMP, ordonnance numérique). La vague 2 du Ségur renforcera encore ces exigences au fil des mois à venir.
Concrètement, un cabinet qui utilise un logiciel à jour, pratique la télétransmission systématique, alimente le DMP et utilise la messagerie sécurisée de santé (MSSanté) sera en bonne position pour maximiser ses rémunérations DONUM — sans démarche administrative supplémentaire.
Autres mesures de l’Assurance Maladie à connaître en 2026
Au-delà de la DONUM et du FMT, la convention médicale 2024-2029 a introduit plusieurs autres mesures applicables en 2026, abordées lors du webinaire.
- Aides à l’installation revalorisées : le CAIM a disparu au 1er janvier 2026. Il est remplacé par des aides ponctuelles à l’installation — 10 000 € en Zone d’Intervention Prioritaire (ZIP), 5 000 € en Zone d’Action Complémentaire (ZAC), et 3 000 € pour l’ouverture d’un cabinet secondaire en ZIP.
- Consultations avancées : les médecins installés hors ZIP peuvent désormais réaliser des « interventions ponctuelles » en zones sous-denses, valorisées à 200 € par demi-journée, dans la limite de 6 demi-journées par mois.
- Revalorisations tarifaires pour les spécialités : psychiatres, gériatres, gynécologues médicaux, pédiatres ont bénéficié de hausses de leurs consultations de référence au 1er janvier 2026, dans la continuité de la seconde vague conventionnelle.
Revoir le webinaire en replay
Ce webinaire, co-animé par Adrien Renaud et Caroline Godin dans le cadre du partenariat entre Maiia et La Revue du Praticien (groupe Medelio), aborde l’ensemble de ces thématiques avec un format accessible et concret. La session questions-réponses permet d’aller plus loin sur les cas pratiques.
👉 Accéder au replay du webinaire
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