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11.05.2026
Conseils & Accompagnement

Cardiologue : comment absorber la hausse continue de patients ?

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  • Les cardiologues sont trop peu nombreux pour faire face à l’explosion des risques

Près de 16,5 millions de personnes sont affectées par une pathologie cardiovasculaire en 2024 selon les chiffres de l’Assurance maladie[1]. Ce nombre déjà élevé est amené à progresser avec le vieillissement de la population. Pour suivre cette patientèle, un peu moins de 5000 professionnels libéraux : pas étonnant que les agendas soient pleins et la pratique marquée par des moments de tensions.

Avec seulement 172 nouveaux installés en 2024, 37% des praticiens âgés de 60 ans et plus, et malgré la progression de la démographie médicale, le nombre de spécialistes en cardiologie se révèle encore insuffisant au regard des risques cardio-vasculaires dans la population. Ces maladies et leurs conséquences constituent toujours en 2025 la 2ème cause de mortalité en France tous sexes confondus. 31% des adultes sont hypertendus, 23% souffrent d’hypercholestérolémie, 17% sont obèses et 7% diabétiques. Pire encore, nombre d’entre eux ne sont pas diagnostiqués précocement comme cela serait nécessaire pour mettre en œuvre un suivi adapté. C’est le cas d’une personne hypertendue sur deux. En attendant que des efforts soient faits en prévention comme la proposition de loi actuellement débattue au Parlement l’envisage, les cardiologues doivent donc gérer l’afflux de patients.

La coordination : une partie de la solution

Par définition, le cardiologue travaille en lien avec les autres professionnels de santé et en particulier le médecin traitant. Une des communications présentées lors des Journées Européennes de la Société Française de Cardiologie 2026 insistait sur la nécessité de la coordination en prenant pour exemple la prise en charge de l’hypertension. Le Dr Hélène Kremer a rappelé que ce principal facteur de risque cardiovasculaire était modifiable à condition que le cardiologue soit associé au plus tôt à son suivi, pour confirmer le diagnostic, évaluer globalement le risque et mettre en œuvre des traitements combinés. Et une des clefs est la coordination avec le médecin traitant, les IDEL ou IPA.

Le cardiologue libéral bénéficie aujourd’hui de tout l’équipement, notamment numérique, pour pouvoir participer à un parcours coordonné ou plus simplement pour échanger des données avec les autres professionnels de santé. La MSSanté par exemple est faite pour cela. Et ceux qui veulent aller plus loin peuvent envisager d’intégrer une des équipes de soins spécialisées en cardiologie déployées sur les régions Centre-Val de Loire, Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine et Pays de la Loire dans le cadre de l’expérimentation de l’art 51.

La téléexpertise pour pallier la disparité géographique

La plupart des médecins choisit de s’installer à proximité des structures hospitalières. En conséquence, certains départements ou régions sont trop peu dotés en médecins spécialistes. Ce constat concerne en particulier les cardiologues : dans 21 départements la densité cardiologique est comprise entre 1,7 et 5,6 pour 100 000 habitants, bien loin de la moyenne nationale de 7,87[2].

Afin de pouvoir assurer le suivi de cette patientèle vivant dans des territoires isolés, la solution qui s’impose est la téléexpertise. Elle permet, en échange avec le médecin traitant, une intervention ciblée du spécialiste. Très utile pour évaluer le risque cardio-vasculaire à partir des données fournies par le généraliste, la téléexpertise peut aider à élaborer une décision thérapeutique la plus adaptée possible. En évitant les déplacements du patient, cet outil facilite la détection plus précoce des risques et/ou des complications possibles.

Au-delà du service que cela rend à la patientèle, l’utilisation de la téléexpertise permet de débuter un suivi précoce qui pourra ensuite se poursuivre au cabinet de façon fluide.

Agenda, secrétariat, assistant : rationnaliser le temps

La clef pour assurer une qualité de vie professionnelle sans rien céder sur la qualité des soins est, sans surprise, l’organisation. Une solution souvent efficace pour se simplifier la vie est le recrutement d’un assistant médical. La pratique est peu contraignante puisque le médecin choisit lui-même quelles tâches il va déléguer : administratives et accueil, prise des constantes, aide aux patients, etc. En outre, ce recrutement est encouragé par des aides financières prévues par la convention médicale et pouvant aller jusqu’à 38 000 € la première année. Une alternative est de déléguer l’administratif à un secrétariat intégré au cabinet ou externalisé.

L’usage des outils numériques fait également partie des solutions. Un agenda bien pensé, avec des créneaux réservés en fonction de critères précis, peut faire gagner des minutes précieuses. Son couplage avec un outil de téléexpertise offre aussi la possibilité de sécuriser celle-ci et de la mener sans avoir à quitter son logiciel. En jouant sur l’ensemble de la palette, il y a de quoi tenir en attendant l’arrivée de futurs jeunes cardiologues.

[1] https://www.assurance-maladie.ameli.fr/sites/default/files/2025-07_rapport-propositions-pour-2026_assurance-maladie.pdf – page 34

[2] https://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/CNOM-ATLAS-DEMOGRAPHIE-2026-TOME-2.pdf