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13.05.2026
Conseils & Accompagnement

ORL : des super spécialistes face au développement des pathologies

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  • Moins de 2000 ORL libéraux face à une demande croissante

9ème des spécialités choisies aux ECN 2025, l’oto-rhino-laryngologie semble être préservée de la pénurie de praticiens. Pour autant, avec seulement 1956 spécialistes libéraux en activité selon l’Assurance maladie, la profession peine à faire face aux besoins d’une population vieillissante et au développement des cancers et maladies chroniques. Etat des lieux.

Dès l’antiquité, les affections liées à la gorge, aux oreilles et au nez ont fait l’objet des travaux des savants, à commencer par Hippocrate. Et l’histoire de la spécialité est celle de la médecine : de l’empirisme à l’innovation et à la transdisciplinarité. Deux siècles plus tard, l’oto-rhino-laryngologie s’est ainsi transformée en une spécialité à multiples facettes. Aussi bien médicale que chirurgicale, elle recouvre des pathologies aussi éloignées les unes des autres que le cancer du larynx, la surdité néo-natale ou la maladie de Ménière. La complexité des affections alliée à l’émergence de technologies et des progrès de la connaissance ont par ailleurs ouvert la porte à la surspécialisation des praticiens : ORL pédiatrique, Otologie et otoneurologie (troubles auditifs et vestibulaires), Audiophonologie, rhinologie et chirurgie endoscopique du nez et des sinus, Laryngologie et phoniatrie (troubles de la voix et de la déglutition), Cancérologie ORL, Chirurgie cervico-faciale et esthétique, Médecine du sommeil.

Une patientèle et des besoins croissants

Cette tendance à des pratiques très spécifiques est justifiée par l’ampleur du champ de la spécialité mais également par l’évolution des besoins. Chacun a en tête le vieillissement de la population qui implique une demande forte en matière de prise en charge de la surdité, de l’apnée du sommeil ou encore des vertiges plus fréquents chez les personnes âgées. On estime ainsi qu’un adulte sur quatre est concerné par un trouble de l’audition. Autre fléau bien connu : les allergies concernent 30% de la population. Les pathologies chroniques – rhinite, sinusite, etc. – progressent également. Quant aux cancers de la sphère ORL, dont on parle moins souvent, ils atteignent 15 000[1] nouvelles personnes chaque année. Pas étonnant dans ces conditions que l’Assurance maladie enregistre près de 20 millions de consultations ORL par an.

Une pratique exigeante

Conséquences de cette augmentation des besoins, l’ORL a aujourd’hui une pratique variée allant d’actes comme le bilan auditif ou la rééducation vocale jusqu’à la chirurgie du tympan ou du larynx en passant par des vidéostroboscopies ou des vestibulométries. Il se doit donc d’être équipé d’appareils adéquats. Par ailleurs, l’ORL libéral suit des patients de la naissance à la fin de vie et doit constamment adapter sa pratique. Enfin, de plus en plus, il est conduit à travailler en lien étroit avec d’autres praticiens, notamment en oncologie, ou avec les établissements de santé.

Un enjeu : optimiser le temps médical au profit du patient

A pathologies plus complexes, prises en charge plus techniques, examens plus poussés et utilisations d’outils plus sophistiqués : la consultation est désormais multi-actes mais le temps, lui, reste compté. D’autant qu’avec une densité de 2,83 ORL pour 100 000 habitants, le praticien doit gérer une demande forte.

Pour faire face, une des solutions peut être l’assistant médical. Celui-ci est en capacité de réaliser toutes les charges administratives et peut également apporter une aide pour les actes les moins complexes. Conscient de l’intérêt pour les ORL de pouvoir recruter ces personnels, le SNORL (syndicat des ORL) a organisé des formations spécifiques aux enjeux de la profession à destination des futurs assistants. C’est donc une piste à envisager pour gagner du temps médical, d’autant que l’assurance maladie participe au financement de leur salaire.

Un autre moyen d’optimiser le temps est de programmer de façon adéquate son agenda afin de réserver des créneaux spécifiques aux actes complexes. S’appuyer sur le numérique est également un moyen d’améliorer la coordination. Indispensable pour la prise en charge de certaines pathologies, elle peut être réalisée sans perte de temps ni d’énergie en utilisant messageries sécurisées de santé ou téléconsultation assistée. Un des outils le plus intéressant en la matière est la téléexpertise. Elle permet à l’ORL d’accompagner le médecin traitant dans le diagnostic et/ou dans le suivi de certaines pathologies, en amont ou en aval de sa propre intervention. Facile à réaliser avec les solutions numériques modernes, elle préserve du temps médical et améliore l’accès aux soins, une bonne nouvelle aussi bien pour le patient que pour le praticien.

[1] https://www.gustaveroussy.fr/en/node/8096