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21.07.2026
Évolution de la pratique

Docteur Junior en médecine générale : dernière ligne droite

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  • Ils seront Docteur Junior (DJ) en autonomie supervisée pendant deux semestres.
  • 3700 étudiants sont concernés
  • Les terrains de stages et appariements entre DJ et maître de stage sont effectués
  • Les syndicats d’internes et de médecins restent inquiets
  • Tout doit être mis en place pour le 2 novembre

Prévue par la loi dès 2023, la réforme créant une quatrième année de médecine générale sous le statut de docteur junior, doit se concrétiser le 2 novembre. Alors que les appariements viennent juste d’être réalisés, des inquiétudes persistent quant à sa mise en œuvre et la contestation demeure. On fait le point.

Une année professionnalisante

Le statut du Docteur Junior a été créé lors de la réforme du 3ème cycle des études médicales en 2016. Ce nouveau statut, entre l’interne et le médecin de plein exercice s’inscrit dans une logique de consolidation des acquis professionnels. Il vise également à encourager les étudiants à soutenir leur thèse dès leur troisième année. Mis en œuvre en 2021, il concernait uniquement les spécialités. Cependant, dès 2022, le gouvernement a jugé nécessaire d’élargir ce dispositif à la médecine générale. Pour cela, il a prévu, dans la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2023, la création d’une quatrième année d’études en médecine générale. Arguant du manque d’expérience en cabinet, le texte stipule clairement que cette année supplémentaire doit être réalisée en ambulatoire sauf très rares exceptions. Une révolution pour les étudiants mais également pour les médecins généralistes libéraux, futurs maîtres de stages.

Comment va fonctionner le dispositif du Docteur Junior ?

A compter du 2 novembre prochain, est Docteur Junior (DJ), celui qui a soutenu sa thèse et réalise une année supplémentaire de stage en « autonomie supervisée ». Concrètement, il assure des consultations et suit des patients. L’ensemble de son travail fait l’objet d’une supervision par un maître de stage universitaire. Ce dernier doit être disponible pour répondre à toutes les questions et accompagner le jeune praticien. Le Docteur Junior exerce entre 3 et 4 jours par semaine en cabinet, en centre de santé (CDS) ou en maison de santé pluriprofessionnelle (MSP). S’il effectue 3 jours, il doit consacrer une journée à une initiative sur le territoire de son stage, dans une CPTS, un EHPAD ou encore une PMI. Cette année supplémentaire est réalisée en deux semestres distincts pendant lesquels l’étudiant est inscrit sur une liste spéciale du Conseil départemental de l’ordre. Il reste toutefois attaché au CHU. Le DJ perçoit une rémunération brute de 2375 €/mois à laquelle s’ajoute, en fin de parcours, une prime d’autonomie de 5000 €. Une prime forfaitaire à l’activité est également prévue pour 200 actes/mois. Elle se monte à 500 € le semestre. Enfin, une prime de 1000 € est versée à ceux exerçant en ZIP.

Quid du rôle des médecins libéraux ?

Avec 3700 jeunes concernés en novembre, les ARS et les universités n’ont pas ménagé leurs efforts pour inciter les médecins généralistes libéraux à devenir maître de stage universitaire (MSU). Cependant, cela a exigé un réel investissement des professionnels. Ils devaient d’abord valider une formation de 14h à la maîtrise de stage, finançable par le DPC, suivie d’une e-formation de 4h spécifique au DJ. Ensuite, ils devaient déposer un dossier d’agrément auprès de l’université ou de l’ARS. Au-delà de l’aspect administratif, pour le médecin libéral, accueillir et accompagner un DJ généraliste veut dire avoir une salle de consultation, du matériel, une organisation adéquate. Etre MSU ouvre droit à une compensation. Elle est fixée à 600 € brut par mois et par étudiant. Pas forcément suffisant pour mobiliser. Toutefois l’arrivée d’un jeune confrère peut aussi être l’occasion de découvrir et mettre à jour ses pratiques ou, simplement, de ne plus travailler seul.

Des contraintes pour l’ensemble des acteurs concernés

Sur le papier, personne n’est opposé à un renforcement de l’expérience professionnelle des futurs généralistes. Toutefois, cette évolution de la formation a été présentée par les pouvoirs publics comme un levier pour l’accès aux soins. Les Docteurs Juniors sont donc censés apporter du temps médical supplémentaire et être incités à s’installer dans les zones sous-dotées. Pendant leur année de DJ, ils sont également encouragés à participer à la permanence des soins ambulatoires. Un décret et deux arrêtés récents donnent d’ailleurs le cadre et fixent le montant des rémunérations associées à ce volontariat. De la même manière, les lieux de stage étant déterminés de façon commune entre l’université et les ARS, la priorité est donnée aux zones situées en « désert médical » et/ou en ZIP ou ZAC. C’est le cas, par exemple, en Normandie, où dans la subdivision de Caen, 88% des Docteurs juniors travailleront en zone sous-denses. Même si ces terrains bénéficient de rémunérations supplémentaires, ils créent des contraintes également supplémentaires pour les jeunes DJ. Et beaucoup des observateurs craignent un effet inverse à celui escompté.

Des dispositions contestées

Plusieurs syndicats d’internes se sont donc émus d’un dispositif qui semble avoir été pensé à l’aune de l’accès aux soins et du budget plutôt qu’à celui de la formation des jeunes médecins. Ils s’inquiètent de la réalité des missions qui seront confiés au DJ et contestent une rémunération calquée sur celle l’hôpital pour des professionnels amenés à facturer à l’acte une fois installés. Autre sujet de controverse : les MSU auront-ils suffisamment de temps à consacrer aux Docteurs Juniors ? Ces incertitudes pèsent sur les futurs DJ à quelques semaines de l’échéance, à savoir le 2 novembre. Pas étonnant dans ces conditions que le syndicat Jeunes Médecins ait pu réunir les fonds nécessaires pour déposer un recours devant le Conseil d’Etat le 10 juillet dernier.

Une étape franchie : la répartition des DJ  

La détermination des terrains, lieux et maîtres de stages ont été effectués dans toutes les régions. L’appariement entre les futurs DJ et leurs MSU a eu lieu entre le 1er et le 18 septembre sur une plateforme dédiée : SIIMOP. Avec quelques accrocs comme l’histoire relatée par le site Medscape : un médecin agrée comme maître de stage mais dont le cabinet n’a pas été retenu comme terrain de stage ne peut pas accueillir le DJ avec qui il avait prévu de travailler. En plus de ces péripéties, le Doctor Junior peut avoir à régler des questions comme le logement ou le transport.  Des questions pas si triviales pour certaines communes éloignées des centres universitaires. La ville de Saint Pierre Les Nemours a anticipé le problème et prévu un logement flambant neuf pour accueillir le futur DJ. Et ce n’est pas le seul exemple d’investissement local, car les Elus ont bien compris qu’un Docteur Junior peut-être une chance pour un territoire. A condition que chacun y mette du sien.

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