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08.06.2026
Évolution de la pratique

Infirmiers en pratique avancée : un bilan mitigé pour une ambition toujours d'actualité

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  • L’objectif de 5000 IPA en 2025 est loin d’être atteint
  • Le nombre de praticiens concernés progresse pourtant malgré les difficultés

Crée en 2016, l’exercice infirmier en pratique avancée (IPA) avait pour vocation de renforcer l’accès aux soins. Dix ans plus tard, on compte seulement 1000 nouveaux titulaires du diplôme d’Etat d’infirmier en pratique avancée par an. Le résultat d’une mise en œuvre complexe de ce nouveau mode de pratique.

Dès sa création par la loi de modernisation de notre système de santé en 2016, l’exercice IPA a été pensé comme un outil pour renforcer l’accès aux soins dans un contexte de désertification médicale, d’augmentation de la chronicité des pathologies et du vieillissement démographique. Pour le dire plus simplement, les pouvoirs publics ont voulu, en donnant un rôle accru aux infirmiers, pallier les dysfonctionnements du système de santé. Toutefois, en mars 2025, d’après les chiffres de l’Ordre national des Infirmiers, il y a 2367 IPA pour 565 553 infirmiers inscrits. Un nombre insuffisant par rapport à l’objectif d’avoir 5000 IPA en 2025. Et ce résultat est considéré comme insatisfaisant aussi bien par les pouvoirs publics, que par l’ordre national des infirmiers et l’union nationale des infirmiers en pratique avancée qui représente les professionnels engagés dans cette pratique. L’explication tient à la difficulté de mettre en œuvre non seulement un nouveau cadre de formation mais aussi de nouvelles pratiques avec les médecins. Pour ce qui concerne la formation, la difficulté tient aux conditions de celle-ci. Il faut en effet avoir exercé a minima pendant trois ans à temps plein et obtenir le Diplôme d’État d’Infirmier en pratique avancée (DE IPA) de grade master. Ce qui veut dire suivre deux années supplémentaires d’études ponctuées par des stages. Difficile pour les infirmiers déjà installés de dégager le temps et les ressources nécessaires. Et l’organisation à mettre en place avec le corps médical a pris du temps à être comprise et intégrée par l’ensemble des parties prenantes.

Quelles évolutions après la loi profession infirmière et l’avenant 11 ?

La loi Profession Infirmière de juin 2025 modifie peu l’exercice IPA. Elle prévoit toutefois son ouverture aux trois spécialités infirmière : anesthésiste (IADE), de bloc opératoire (IBODE) et puériculture (IPDE). Une mesure qui vise à encourager le développement de cette pratique et qui pourrait permettre une croissance plus élevée du nombre de professionnels concernés.

A elles seules, les trois spécialités représentent près de 28 000 personnes. Toutefois selon leur syndicat représentatif, les IPA se retrouvent « bloqués » par la loi car celle-ci privilégie l’approche populationnelle alors qu’eux doivent exercer seulement les cinq missions liées aux pathologies.

En revanche, l’avenant 11 va dans le bon sens notamment en clarifiant les modalités de l’accès direct, effectif depuis le 1er janvier 2025. Les conditions dans lesquelles il est possible de réaliser un bilan IPA, des consultations IPA et la mise en œuvre d’un forfait de suivi sont des évolutions positives ainsi que l’augmentation de leur valorisation. De plus, l’avenant vise à favoriser l’exercice en prévoyant des aides à la formation et à l’installation. Il est désormais prévu un forfait de 15 000 € pour aider le professionnel à financer sa formation. De la même manière, des incitations financières sont possibles pour ceux qui s’installent en tant qu’IPA.

Ces contrats d’aides au démarrage peuvent, selon la situation, aller de 27 000 à 40 000 €. Autre incitation non des moindres : les IPA ne sont pas soumis au dispositif de régulation des installations en zone sur-dotées. De plus, rien n’interdit le cumul d’exercice IDEL/IPA pour autant que la distinction soit opérée de façon claire et déontologique par le professionnel comme le rappelle l’ordre national des infirmiers dans sa fiche consacrée à cet exercice.

Et la prochaine décennie ?

Malgré les difficultés, le nombre d’infirmiers formés progresse chaque année comme le note l’Union nationale des infirmiers en pratique avancée dans son recensement 2025-2026 : les entrées en première année ont triplé en 7 ans. Cette bonne nouvelle est tempérée par le fait qu’au rythme actuel de 1000 IPA de plus par an, l’objectif de 5000 IPA ne sera pas atteint rapidement et encore moins celui, plus ambitieux, de 10 000 à 15 000 IPA d’ici 2030. Sauf si les incitations financières prévues par l’avenant 11 permettent de débloquer la situation.

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