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23.07.2026
Conseils & Accompagnement

Médecine intégrative : état des lieux d'un sujet en structuration

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Hypnose, acupuncture, ostéopathie, méditation : les pratiques de soins non conventionnelles occupent une place croissante dans le quotidien des Français. Face à cette réalité, l’Organisation Mondiale de la Santé a posé en 2025 un cadre de définitions inédit autour de la médecine traditionnelle, complémentaire et intégrative (MTCI). Entre demande sociétale, encadrement scientifique encore incomplet et premières initiatives universitaires françaises, tour d’horizon d’un sujet en pleine structuration.

Suite à une étude de la Haute Autorité de Santé publiée en 2019, les pouvoirs publics ont décidé en 2021 de mettre fin au remboursement partiel de l’homéopathie, l’efficacité de ce type de traitement ayant été jugée insuffisante pour justifier une prise en charge par la Sécurité Sociale. Il reste néanmoins possible de prescrire un traitement homéopathique. Cet épisode illustre la difficulté à catégoriser ces soins et à en établir une définition partagée, et rappelle l’importance de l’évaluation scientifique dans ce domaine. Le besoin d’informations claires sur ces pratiques de soins non conventionnelles (PSNC) est de plus en plus fort chez les patients. Dans sa stratégie mondiale pour la médecine traditionnelle 2025-2034, l’Organisation Mondiale de la Santé a posé de premières définitions :

  • la médecine traditionnelle : systèmes de santé, codifiés ou non, développés dans des contextes historiques donnés, antérieurs à la médecine moderne et ayant évolué en parallèle d’elle. Ils reposent le plus souvent sur des remèdes issus de la nature et une approche holistique et personnalisée ;
  • les pratiques complémentaires : sans faire partie de la médecine reconnue par le pays, ces pratiques peuvent, sous réserve de preuves suffisantes, s’inscrire dans le parcours de soins et de bien-être de la personne ;
  • la médecine intégrative : une approche fondée sur la science, combinant soins médicaux et soins traditionnels ou complémentaires.

L’organisation internationale a finalement retenu une notion englobante : la médecine traditionnelle, complémentaire et intégrative (MTCI).

Une demande croissante des patients et des sociétés

Cette stratégie mondiale s’appuie notamment sur un rapport de 2019 relatif à l’usage de ces thérapies. Selon ce document, près de 90 % des États membres de l’OMS (170 sur 194) estiment que 40 % à 90 % de leur population a recours à la médecine traditionnelle. Les motivations varient selon le degré de développement des pays : maintien des traditions et sous-financement des systèmes de santé dans certains contextes, recherche d’amélioration de l’état de santé, de prévention ou de bien-être dans les pays développés.

En France, selon un sondage Odoxa paru en 2023, 89 % des Français avaient déjà expérimenté un type de soin non médical, et 40 % l’avaient fait pour soulager des douleurs chroniques. Cette stratégie mondiale vise ainsi à mieux documenter ces pratiques et à en mesurer scientifiquement les bénéfices.

La médecine intégrative, une approche centrée sur le patient

Cette demande croissante de soins complémentaires à l’approche médicale traduit une volonté des patients d’être davantage acteurs de leur santé — une évolution de plus en plus prise en compte par les médecins et les professionnels de santé. La médecine intégrative se positionne comme une réponse possible à cette attente.

Apparu dans les années 1990 aux États-Unis, ce terme désigne une vision de la santé centrée sur la personne dans sa globalité, prenant en compte sa ou ses pathologies tout en les replaçant dans son quotidien et dans l’ensemble de ses besoins de santé et de bien-être. Il s’agit de faire dialoguer deux approches longtemps considérées séparément : la médecine et les pratiques de soins complémentaires. Cette approche est d’ailleurs déjà mise en œuvre dans certains contextes : en oncologie par exemple, les soins de support incluent parfois des interventions d’acupuncture ou d’hypnose pour accompagner les patients dans leur parcours de soins.

Un cadre encore émergent dans le système français

L’approche intégrative reste encore peu structurée en France. On note toutefois l’ouverture d’un Institut de médecine intégrative et complémentaire au CHU de Bordeaux. Depuis 2017, le collège universitaire de médecines intégratives et complémentaires propose une réflexion collégiale, interdisciplinaire et universitaire sur l’évaluation et l’enseignement de ces pratiques.

L’Académie Nationale de Médecine se penche également régulièrement sur le sujet. De son côté, le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) a publié en 2023 un état des lieux des pratiques non conventionnelles : il reconnaît que ces thérapies peuvent « accompagner un traitement », tout en soulignant la nécessité de preuves scientifiques solides et l’importance de définir un cadre clair. Le document rappelle qu’après plusieurs étapes, l’acupuncture et l’ostéopathie sont parvenues à faire l’objet d’une définition et d’un cadre de formation reconnu.

La structuration d’une médecine associant approches conventionnelles et complémentaires progresse donc, portée par des initiatives universitaires, médicales et institutionnelles. Selon le sondage Odoxa cité précédemment, une majorité de Français se déclare favorable à un encadrement renforcé de ces pratiques par les pouvoirs publics. C’est en conciliant les attentes des patients — telles qu’exprimées notamment par France Assos Santé —, les travaux du monde universitaire et médical, et l’évolution générale des usages, que la médecine intégrative pourra trouver sa place au sein du système de santé français.

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