Ce qu’il faut retenir :
- L’accès direct est possible pour tous les kinés exerçant en établissement de soins
- Il nécessite obligatoirement un bilan kiné initial à adresser au médecin traitant
- Réaliser le bilan kiné nécessite du temps – a minima 30 mn – et une attention aux détails
En accès direct, vous ne disposez souvent pas d’une ordonnance, même imprécise, pour savoir de quoi souffre le patient. Le bilan kiné est donc indispensable pour bien débuter votre prise en charge. Il l’est aussi pour votre rémunération future et pour le bon suivi de la personne. Quelques rappels utiles pour bien réaliser ce bilan initial.
L’accès direct, rendu possible par la loi Rist de 2023, entre peu à peu dans les pratiques des patients. Et l’expérimentation en cours depuis juin 2025, sur l’accès direct en CPTS, devrait contribuer à le faire entrer encore plus dans la norme. Avantageuse pour le patient comme pour le kiné, en évitant des prises en charges tardives, cette pratique repose toutefois sur un bilan initial réussi. Obligatoire dans ce cadre de l’accès direct, celui-ci est surtout indispensable pour :
- déterminer précisément la pathologie ou le trouble fonctionnel ainsi que les modalités de traitement
- rassurer et informer le patient du type de suivi qui va être mis en œuvre
- informer le médecin traitant du début de la prise en charge et de ses conditions
- sécuriser la facturation future
Rappel
L’accès direct est possible pour tous les kinés pratiquant en établissement de santé[1] et selon deux modalités :
– en l’absence de diagnostic médical préalable, le kiné peut réaliser jusqu’à 8 séances sans prescription
– en présence d’un diagnostic médical préalable sans prescription, le kiné établit son plan de séances en toute autonomie
Prendre le temps d’un vrai bilan
Même si la personne semble peu douloureuse ou qu’elle explicite bien ses symptômes, rien ne sert d’aller vite pendant la phase de bilan. Car le diable se cache souvent dans les détails. Le patient vous fait un descriptif très clair, c’est bien, mais il y a peu de chances qu’il ait détecté les effets collatéraux de sa douleur sur sa posture par exemple.
Un bilan bien mené doit donc durer entre 30 et 40 minutes selon le patient et sa pathologie. Il vaut mieux le prévoir que de courir après le temps. D’où l’intérêt de programmer votre agenda de façon à ce que cette première séance, même en accès direct, soit productive.
Réaliser méthodiquement les trois étapes du bilan
Anamnèse, test clinique, analyse et traitement : l’ordre peut paraître fastidieux, mais le respecter est un bon moyen de ne rien oublier.
Grâce à l’anamnèse, vous allez pouvoir comprendre d’où vient la pathologie, quels sont les antécédents, quels traitements éventuels ont déjà été mis en place, comment la douleur est gérée ou pas. Ce moment de recueil d’informations est également essentiel pour mettre le patient en confiance et réaliser une écoute active de ce qu’il dit et de ce qui est suggéré.
Et c’est à partir de ces données que vous pourrez mener un bilan clinique approprié pour tester correctement la mobilité, les capacités motrices ou fonctionnelles et l’équilibre.
Ce parcours vous mènera logiquement à analyser correctement la pathologie et à adapter votre traitement et donc à réaliser un bilan plus efficace pour vous comme pour le patient.
Utiliser toute la panoplie d’outils pour affiner votre bilan
Il existe, pour chaque étape du bilan, des éléments que vous pouvez activer pour sécuriser votre diagnostic.
Il y a bien sûr les questionnaires. Vous pouvez faire remplir certains à l’avance par le patient, soit en ligne, soit dans la salle d’attente. Pas tellement pour gagner du temps mais pour lui laisser la possibilité de poser ses mots sur ce qu’il ressent, notamment en termes de douleurs.
Vous avez également tous les scores et tous les équipements utilisés dans le cabinet.
Les objets connectés peuvent également avoir un intérêt comme les capteurs de force par exemple. Si nécessaire, vous pouvez même recourir à la téléexpertise pour sécuriser votre bilan : tout ce qui peut permettre d’obtenir un niveau de précision supplémentaire doit être considéré.
Bien utiliser la NGAP
La nouvelle nomenclature existe depuis deux ans. Evidemment, tout le monde en connait les cotations principales, celles qu’on utilise presque tout le temps. Mais qu’en-est-il de l’intégralité des 95 combinaisons possibles de lettres et coefficients ? Il ne faut pas hésiter à revoir ses cotations pour qu’elles soient bien cohérentes avec le bilan en vous aidant de votre logiciel de gestion.
Et enfin, associer le médecin traitant
Une fois le bilan achevé, la première chose que l’on fait en général est de programmer la première séance avec le patient et parfois même de planifier l’ensemble du suivi. Et c’est très bien. Mais il ne faut pas oublier d’adresser votre bilan au médecin traitant de la personne. Parce que la bonne santé d’un patient tient aussi à la bonne circulation de l’information entre professionnels de santé. De la même manière, vous lui enverrez les comptes-rendus et le cas échéant le bilan intermédiaire à réaliser avec la même minutie !
[1] Etablissements hospitaliers, médico-sociaux, centres et maisons de santé