Ce qu’il faut retenir
- La plupart des praticiens utilise l’IA notamment pour rechercher de l’information.
- Une utilisation plus sophistiquée de l’IA est possible en combinant IA/logiciel médecin/base de données médicales.
- Le médecin garde la maîtrise de son raisonnement et de ses choix thérapeutiques.
- Les clés : la fiabilité des données et le respect des législations sur la sécurité et l’IA (RGPD, AI Act).
L’intelligence artificielle peut-elle aider les médecins généralistes à mieux prendre en charge les patients ? C’est la question que se pose beaucoup de praticiens, à la fois fascinés et inquiets devant la puissance de l’outil. La réponse est oui, mais à certaines conditions : à lire ci-dessous.
Depuis l’irruption de ChatGPT et de tous les Large Language Model(LLM) à la fin 2022, personne n’a échappé à la tentation de tester l’intelligence artificielle. L’adoption a été rapide, puisque selon le baromètre IA Santé 2025, 90% des professionnels de santé l’utilisent dont près d’un tiers quotidiennement et en privilégiant justement ces outils destinés au grand public. Des pratiques suffisamment répandues pour que la Haute Autorité de santé édite un guide des bonnes pratiques intitulé Premières clés d’usage de l’IA générative. Car désormais la question n’est plus tant de savoir s’il faut l’utiliser ou pas, mais de s’en saisir au mieux. Et pas seulement pour la gestion quotidienne du cabinet mais aussi pour améliorer les prises en charge.
Accès à l’information médicale, une problématique commune
Pour les médecins en cabinet, l’un des enjeux au quotidien est de pouvoir constamment être à jour de ses connaissances pour pouvoir apporter le meilleur soin à la personne. Or l’état de la science évolue constamment. Aussi le réflexe, face à un cas singulier ou à une question spécifique, est d’utiliser un moteur de recherche ou un outil d’intelligence artificielle pour poser ses questions. Cela veut dire, faire sa requête, lire les informations et toujours vérifier les sources. Car la plupart des praticiens utilisant les IA grand public, le doute peut s’installer. Les données sont-elles fiables ? Puis-je les utiliser ? Ce qui est gagné en savoir peut ainsi être perdu en temps et en tranquillité d’esprit.
Sophistiquer le diagnostic avec la combinaison logiciel métier/IA/base de données
La seule solution efficace est de se connecter à des bases de données médicales où les données sont issues de centaines de milliers de références accumulées, mises à jour quotidiennement par des scientifiques et qui donnent accès aux publications et sources. Toutefois le gain reste encore limité même si l’accès à la base de données se fait depuis le logiciel métier. En revanche, en ajoutant un outil d’intelligence artificielle, il devient possible de sophistiquer le diagnostic. En effet, l’IA va pouvoir accéder aux éléments du dossier patient, analyser la demande du médecin en fonction de ceux-ci, et adapter les réponses aux habitudes du praticien. En véritable assistant, l’IA va ensuite chercher dans la base de données, la ou les informations précises et adaptées au patient concerné et à sa pathologie. Elle va ainsi pouvoir formuler une réponse synthétique que le médecin peut vérifier instantanément grâce à l’accès direct aux sources. Et si l’IA ne dispose pas d’éléments suffisants, elle n’émet pas de réponse, contrairement aux IA grand public qui peuvent produire des informations erronées.
Sécurité, fiabilité, encadrement : un cadre législatif à respecter
Cette combinaison offre déjà un avantage conséquent : comme tout part du dossier patient du logiciel médecin, la démarche est facile et sans contrainte. Toutefois, pour qu’elle soit vraiment efficace et sécurisée, elle doit respecter des normes strictes. Les données patients sont sécurisées via le logiciel médecin qui doit permettre le respect du règlement général sur la protection des données. Elles sont aussi protégées par l’hébergeur qui doit respecter les normes Hébergeur de données de santé (HDS) et si possible être localisé en France. Quant aux informations issues des bases de données, elles doivent être légitimes scientifiquement, c’est-à-dire avoir été conçues spécifiquement pour la pratique médicale. Elles doivent être soumises à la validation d’instances de type comité scientifique, universités, haute autorité gouvernementale, etc. Enfin, les outils d’intelligence artificielle doivent respecter l’AI Act européen qui crée un cadre de sécurité renforcé pour les données de santé. Ces quatre conditions sont indispensables pour permettre un usage acceptable et accepté de ces outils et ne pas entamer la relation de confiance entre médecin et patient.
Un médecin libre de ses choix
Le médecin reste le seul à pouvoir déterminer les pratiques pour lesquelles il se fait épauler ou pas et à choisir les modalités d’usage de son IA. Il est également le seul à pouvoir challenger la réponse, à former son jugement et à décider d’utiliser ou non la proposition qui lui a été faite. L’intelligence artificielle est donc là, en quelque sorte, pour affiner ou plus spécifier sa pratique, mais ne peut pas se substituer à l’appréhension réelle du patient. Un médecin augmenté par l’IA mais en pleine maîtrise de ses pouvoirs !
Vous souhaitez en savoir plus sur Maiia Médecin, la solution complète pour les médecins ?
Articles suggérés

Santé des soignants : fin des tabous, place aux actions

Médecine intégrative : de quelles pratiques parle-t-on ?
