Ce qu’il faut retenir
- Cegedim Santé a mené une enquête en septembre 2026 auprès de médecins et d’infirmiers libéraux sur les pratiques complémentaires.
- Une majorité des répondants (71,7 %) se déclare favorable ou plutôt favorable aux pratiques complémentaires.
- 71,0 % des répondants jugent toutefois le cadre actuel insuffisamment clair.
- La porosité entre médecine et pratiques complémentaires est cependant réelle selon l’étude.
- 82 % des répondants concernés se disent intéressés, ou peut-être intéressés, par un contenu de synthèse sur le cadre scientifique et déontologique.
L’enquête de Cegedim Santé trace une vision tout en nuance de la perception des pratiques complémentaires par les médecins et infirmiers libéraux. Porosité entre médecine conventionnelle et médecine intégrative, besoins d’information et de formation, appel à un cadre : présentation des principaux enseignements.
1 819 médecins et infirmiers libéraux ont répondu à l’enquête en ligne entre le 15 et le 30 septembre dernier. La participation était volontaire : ces résultats décrivent uniquement les opinions des répondants. 8,3 % se déclarent opposés aux pratiques complémentaires alors que 71,7 % y sont favorables ou plutôt favorables. Cette opinion est plus largement exprimée par les IDEL (86,0 %) que par les médecins, qu’ils soient généralistes (54,9 %) ou spécialistes (57,7 %). Ce chiffre est à mettre en regard des données existantes sur le comportement des Français en matière de pratiques complémentaires : 51 % ont déjà eu recours à la manipulation manuelle par exemple (Odoxa pour Unadfi, avril 2023).
Un besoin d’une meilleure appréhension et d’un cadre clair
Toutefois, si les répondants sont plutôt favorables à ces pratiques, 71,0 % de ceux qui ont poursuivi le questionnaire trouvent le cadre actuel insuffisamment clair.
41,4 % des sondés déclarent avoir besoin de données scientifiques fiables et 40,1 % de repères déontologiques clairs (plusieurs réponses possibles). La demande de données scientifiques fiables atteint 78,8 % chez les réservés.
Parmi les 149 répondants opposés à ces pratiques, 73,2 % citent le manque de preuves scientifiques et 62,4 % les risques pour les patients. Seuls 21,6 % des répondants se sentent suffisamment informés pour aborder le sujet avec leurs patients. Et 38,2 % ont déjà expérimenté le cas d’une personne ayant interrompu ou refusé un traitement conventionnel au profit d’une pratique complémentaire. Ce chiffre monte à plus de 56 % pour les sondés ayant un avis réservé sur ces actes. Des résultats qui expliquent l’approche prudente des professionnels de santé.
Une porosité à double sens déjà existante
Si les passages entre médecine conventionnelle et pratique complémentaire sont relativement fréquents, l’inverse est également vrai.
39,1 % des personnes interrogées déclarent avoir reçu un patient adressé par un intervenant en pratique complémentaire. Et les professionnels de santé sont majoritaires (87,3 %) à avoir déjà orienté leur patientèle vers un praticien du bien-être. 49,2 % le font de façon occasionnelle et 38 % de façon régulière.
Les motifs d’orientation expliquent cette tendance. Ils se concentrent sur les douleurs chroniques (74,0 %) et le stress ou l’anxiété (70,4 %), sur la base d’indications cliniques précises. 50,5 % portent également sur les soins de support et les maladies chroniques.
Une attente de repères scientifiques
Dans ce contexte incertain, une part importante des répondants exprime un intérêt pour l’acquisition de connaissances sur ces pratiques complémentaires. 82 % se disent intéressés, ou peut-être intéressés, par un contenu de synthèse sur le cadre scientifique et déontologique.
Pour en savoir plus :
– Téléchargez l’intégralité de l’enquête
– Lisez notre article sur la médecine intégrative
Source : Enquête Cegedim Santé, 15-30 septembre 2026, 1819 répondants
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