Ce qu’il faut retenir :
- Obligatoire depuis le 1er janvier 2025, l’ordonnance numérique reste sous-adoptée : seuls 58 911 médecins l’utilisaient fin 2025, sur plus de 240 000 en activité.
- Sa mise en œuvre est intégralement prise en charge par le logiciel de cabinet labellisé Ségur 1 — aucune manipulation supplémentaire, si ce n’est recueillir le consentement du patient.
- Elle offre un vrai levier de suivi de l’observance : le médecin prescripteur peut vérifier en temps réel si l’ordonnance a été exécutée.
- Le Ségur 2 et la DONUM accélèrent la dynamique, avec des objectifs chiffrés d’adoption fixés jusqu’en 2028.
Obligatoire depuis le 1er janvier 2025, l’ordonnance numérique fait partie de la panoplie digitale encouragée par les pouvoirs publics pour améliorer accès aux soins et fluidité des prises en charges. Facile à réaliser à partir des logiciels de gestion de cabinet labellisés Ségur, elle se généralise pourtant lentement, malgré ses atouts indéniables pour les médecins.
20 351 officines pharmaceutiques ont adopté l’ordonnance numérique en 2025 selon les chiffres du GIE SESAM VITALE, le groupement en charge de l’ensemble des outils digitaux de l’assurance maladie. Concrètement, c’est donc la quasi-totalité des pharmacies qui est équipée pour lire des ordonnances numériques. Côté médecins, principaux prescripteurs, le résultat est moins probant. A fin 2025, soit un an après l’obligation, seuls 58 911 médecins étaient utilisateurs de l’outil, sachant que plus de 240 000 étaient en activité à cette date. L’usage a néanmoins progressé de 101,3% en un an.
Un outil simple à utiliser
Réaliser une ordonnance numérique est pourtant très facile puisqu’il suffit d’être équipé d’un logiciel de gestion de cabinet référencé Ségur 1, intégrant un logiciel d’aide à la prescription (LAP). Vous établissez votre ordonnance via le LAP et celui-ci va créer un numéro unique de prescription puis générer le QR code correspondant. Ce QR code va automatiquement être apposé sur l’ordonnance. Et cette dernière est implantée tout aussi automatiquement dans le DMP. Il ne vous reste plus qu’à l’imprimer et à la signer avant de la remettre au patient.
Vous n’avez donc aucune manipulation particulière à réaliser. Une seule chose est nouvelle : vous devez demander au patient s’il est d’accord pour que son ordonnance soit numérique. En effet, le QR code est généré notamment à partir de ses informations personnelles et celles-ci sont soumises au règlement général sur la protection des données (RGPD).
Faire de cette obligation un atout pour la pratique
A part si votre patientèle est particulièrement technophobe, il n’y a donc aucune raison de ne pas se mettre à l’ordonnance numérique. Surtout, elle peut s’intégrer dans votre pratique comme élément de suivi de la patientèle.
En effet, lorsque vous l’éditez, cette ordonnance s’enregistre dans une base de données crée spécifiquement pour cela par l’assurance maladie. C’est dans cette base que le prescrit, en scannant le QR code, va aller chercher les informations de la prescription. Il va également déclarer dans la même base la réalisation de la prescription.
C’est ce petit détail qui change tout. Car, en tant que prescripteur vous avez accès à la base et vous pouvez donc aller vérifier que la prescription a bien été réalisée. Cela vous offre la possibilité de réorienter le traitement en fonction de la réalité de la réalisation ou bien d’avoir un dialogue avec le patient sur son observance. Cela peut donc être un plus dans votre suivi, en particulier pour les patients chroniques et/ou âgés mais aussi avec tous ceux qui ont tendance à ne pas respecter leur traitement. Vous avez également une meilleure vision de leur parcours de soin.
Ségur 2, Donum, paramédicaux : les évolutions en cours
L’ordonnance numérique est obligatoire non seulement pour les prescripteurs mais aussi pour les prescrits. Il ne s’agit pas seulement des pharmaciens mais aussi des IDEL, des kinés, etc. Or ils ne sont pas encore familiarisés avec le nouvel outil. De plus, leurs logiciels ne sont pas forcément équipés pour lire le QR code. La vague 2 du Ségur du numérique va accélérer le mouvement puisqu’il est explicitement prévu que les solutions digitales pour les paramédicaux puissent réceptionner les ordonnances numériques.
Côté médecin, le Ségur numérique 2 va également changer un peu la donne. Elle prévoit d’améliorer les logiciels, notamment en permettant la prise en compte des situations de dispensation conditionnelle, l’automatisation du consentement ou encore l’identification via ProSanté Connect.
Toutes ces évolutions sont prévues à horizon 2027 et devraient vous faciliter la vie. D’ores et déjà la DONUM intègre l’établissement d’une ordonnance numérique dans les indices optionnels d’obtention de la rémunération, avec une cible à 30% en 2026 et 2027 et de 60% en 2028. Une façon supplémentaire pour les pouvoirs publics de montrer que l’ordonnance numérique est, comme le DMP et l’INSI, une priorité.