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11.09.2026
Conseils & Accompagnement

Médecine intégrative : de quelles pratiques parle-t-on ?

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  • Des définitions à clarifier

400 « médecines douces » sont répertoriées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Toutes ces pratiques de soins ne sont toutefois pas répandues de la même manière à travers le monde. En France, elles sont de plus en plus adoptées en complément des prises en charges classiques. Panorama – non exhaustif – de la situation.

Un intérêt des patients

Selon une étude Odoxa de mai 2023, les Français ont aujourd’hui fortement recours aux thérapies alternatives, notamment celles liées à la manipulation manuelle (51%), à la médecine traditionnelle (48%), aux plantes (45%) et aux énergies (39%) mais aussi à la recherche de causes psychologiques (26%), à la spiritualité (25%) et à l’alimentation (18%). Et un sur deux envisageait de recourir à l’une de ces pratiques.

Les raisons de ce développement ? Pour beaucoup des personnes sondées, il s’agit de soulager les douleurs dans le cadre de maladies chroniques ou encore d’agir en prévention santé. D’une certaine façon, ce recours est une manière pour les patients de sortir de l’impasse d’un système de santé encore trop tourné vers le curatif. Ce développement bien réel d’autres façons de soigner conduit 81% des sondés à estimer nécessaire de mieux réglementer ce champ pour le sortir du cadre informel.

Une définition encore à affiner

Ces soins échappent en effet à une définition simple. Alternatifs, doux, traditionnels, interventions non médicamenteuses (INM), thérapies complémentaires (ThC) : il y a autant de qualifications que d’acteurs. En France, elles sont regroupées par le Ministère de la Santé dans les  « pratiques de soins non conventionnelles ».

Cette définition, par défaut, sert surtout à rappeler que la médecine dite conventionnelle répond à des critères scientifiques : essais cliniques, consensus professionnel solide, autorisations et contrôles réguliers. Au-delà, les pouvoirs publics semblent peu enclins à s’emparer du sujet. Le Comité d’appui pour l’encadrement des pratiques non conventionnelles crée en 2023 s’est réuni trois fois avant d’être mis en pause. Or, patients comme professionnels de santé et praticiens aspirent à un éclaircissement bénéfique à tous. D’autant qu’un consensus semble se dégager sur l’existence de quatre typologies de soins :

  • biologiques à base de produits naturels (phytothérapie, aromathérapie, etc.),
  • manuelles comme l’ostéopathie ou la chiropraxie,
  • basée sur un lien corps/esprit (hypnose, méditation, sophrologie, etc.),
  • systèmes dits complets comme l’acupuncture ou l’homéopathie.

De son côté, dans son étude de 2023, le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) recense 23 modalités de soins non médicaux où l’on trouve haptonomie, auriculothérapie, naturopathie ou encore le jeûne thérapeutique. D’autres chercheurs évoquent plus de 200 pratiques. Concernant les pratiques par les médecins, le CNOM en reconnaît trois : ostéopathie, acupuncture et homéopathie.

La complémentarité, clé d’une future définition ?

Le terme « complémentaire », en passe d’entrer dans le langage courant, va peut-être permettre d’avancer vers une définition consensuelle de ces pratiques. La raison en est simple : plusieurs sont d’ores et déjà intégrées dans des protocoles de soins médicaux hospitaliers. C’est le cas en oncologie où le panier de soins inclut :

  • l’activité physique adaptée,
  • les conseils d’hygiène de vie,
  • le soutien psychologique des proches et aidants des personnes atteintes de cancer,
  • le soutien à la mise en œuvre de la préservation de la fertilité,
  • la prise en charge des troubles de la sexualité,
  • la préservation de l’image corporelle.

Des associations comme RoseUP ou Cami Sport et Santé interviennent aux côtés des équipes médicales pour proposer toute une série d’activités thérapeutiques relevant des pratiques de soins non conventionnelles (PSNC) pour accompagner les patients pendant leur traitement.

La complémentarité en ville aussi ?

Pour les suivis en libéral, les pratiques complémentaires peuvent aussi être utilisées à condition de conserver un cadre strict. C’est ce qu’a fait Adeline Latourette, pédicure-podologue DE, confrontée à la demande d’une patiente atteinte de fibromyalgie. « J’ai tenu à lui délivrer un message de prévention essentiel : se méfier des solutions « miracles »  et des conseils trouvés au hasard sur internet. La tentation d’essayer des préparations à base d’huiles essentielles ou des remèdes miracles sans suivi est grande et le web ne connaît ni les antécédents, ni les traitements en cours, ni les allergies de la patiente. » Pour compléter la praticienne a insisté sur trois points fondamentaux :

  • conserver un dialogue transparent avec son médecin traitant et l’ensemble des professionnels de santé qui l’encadrent,
  • ne jamais interrompre ni modifier ses traitements médicaux,
  • se renseigner sur les qualifications du praticien, sa formation et son expérience réelle.

Et elle a proposé d’adresser une note au médecin traitant via la messagerie sécurisée de santé. Un vrai respect du patient et du secret médical sans sortir du cadre de soins. L’ébauche d’une complémentarité concrète ?

Généraliste et et psychothérapeute, le Dr Adrian Chaboche, s’inscrit dans cette même logique et observe « les patients parlent volontiers des soins complémentaires dès lors qu’ils sentent que le médecin est ouvert au dialogue et ne les juge pas ».  Il estime que cela doit amener le praticien à se poser des questions : « Qu’est-ce que cela raconte de sa souffrance, de son parcours, de ce qu’il a déjà essayé ? ses réponses sont déjà des informations cliniques essentielles ». Comme sa consoeur, il pose le cadre et en particulier cherche les alternatives adaptées : « Quelle pratique pour quelle indication ? À quel moment du parcours ? Et avec quel praticien ?” Une séance d’hypnose, d’EMDR ou d’acupuncture n’a ni les mêmes indications, ni les mêmes contre-indications. Même un bon outil peut être inefficace s’il intervient au mauvais moment. C’est là que le médecin conserve pleinement son rôle : écouter, comprendre, protéger et coordonner. »

Vers une validation scientifique ?

Les effets de ces pratiques commencent seulement à faire l’objet d’études, notamment universitaires. Un mouvement encouragé par l’OMS qui appelle à une évaluation scientifique de ces soins qu’il regroupe sous le libellé médecine intégrative. En France, le Haut Conseil de l’Evaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur vient également d’être chargé d’une mission de cartographie des formations à ces pratiques non conventionnelles. Une façon de faire toute la lumière sur ces thérapies et leurs effets afin de leur donner la place adéquate dans le soin. En attendant, rendez-vous aux Troisièmes Assises des pratiques complémentaires organisées par Médoucine, le 5 novembre à Paris, qui porteront sur le futur de la santé et le bon usage des pratiques complémentaires.

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