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08.12.2025
Évolution de la pratique

Téléconsultation assistée ou en autonomie : quelles différences pour le médecin et ses patients ?

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En 2024, selon les chiffres de l’assurance maladie, 13,9 millions de téléconsultations ont été effectuées en France. Un médecin sur deux utilise cette possibilité dans sa pratique. Les données sont en croissance chaque année, prouvant l’appétence de tous les acteurs pour ce type de consultation à distance via le numérique. En tant que médecin, vous avez deux possibilités pour pratiquer la téléconsultation. Celle où le patient est en totale autonomie et celle dite assistée où il est accompagné d’un autre professionnel de santé. Découvrez comment choisir la plus adaptée pour faciliter l’accès aux soins ou améliorer le suivi patient.

Définition et principes de la téléconsultation

La définition légale est issue du code de la santé publique dans son article R 6316-1.

Définition de la téléconsultation classique en autonomie

La téléconsultation autonome est réalisée entre un médecin et un patient via un outil numérique. Elle doit être réalisée en vidéo et doit s’inscrire dans le parcours de soin du patient (sauf cas exceptionnel). Il est préférable, selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS), que la téléconsultation ait lieu à proximité du lieu de vie du patient et doit, bien évidemment, être aussi qualitative qu’une consultation au cabinet. Ainsi un compte-rendu doit être établi et le dossier patient renseigné. Tout médecin peut y recourir indépendamment de sa spécialité. 

Définition de la téléconsultation assistée

Une téléconsultation assistée fonctionne selon le même principe mais implique un patient accompagné par un professionnel de santé. Il peut s’agir d’un autre médecin, d’un infirmier libéral, d’un pharmacien ou d’un professionnel paramédical. Ce dernier intervient pour faciliter l’interaction entre le médecin consulté et le patient. Il peut être amené notamment à saisir des constantes ou bien à faire fonctionner le matériel lorsqu’il s’agit d’une téléconsultation en cabine. Il y a donc un intermédiaire qui, lui, est physiquement avec le patient pendant la téléconsultation.

Les acteurs impliqués dans chaque type de téléconsultation

Tous les professionnels de santé (médecin, infirmier, pharmacien, EHPAD) peuvent être amenés à réaliser une téléconsultation (TLS) ou une téléconsultation assistée (TCA). Toutefois, cette dernière est le plus souvent utilisée lorsque le patient est fragilisé et a besoin d’une médiation. C’est le cas des personnes âgées ou des personnes en situation de handicap rendant une aide nécessaire, au domicile ou en établissement.

Quelles différences entre téléconsultation autonome et téléconsultation assistée ?

Les deux modalités de téléconsultation impliquent des pratiques différentes.

Différences organisationnelles et pratiques au quotidien

  • La téléconsultation en autonomie est le plus souvent réalisée par le médecin depuis son cabinet et le patient depuis son domicile. Cela n’exige rien d’autre que le consentement et l’usage d’un ordinateur, d’une tablette ou d’un smartphone. Dans quelques cas, notamment pour les médecins exerçant dans les plateformes de téléconsultation, celle-ci se fait parfois avec le patient en télécabine. Ce qui veut dire qu’il y a une étape où le professionnel peut avoir besoin d’indiquer au patient comment utiliser les éventuels dispositifs de mesures présents dans la cabine. Dans tous les autres cas, la téléconsultation autonome ne se distingue de la consultation que par la distance.
  • La téléconsultation assistée implique une tierce personne. Le médecin doit donc s’assurer du consentement du patient comme de celui du professionnel de santé chargé de l’assister. L’organisation est plus complexe, puisqu’il faut convenir du rendez-vous de consultation en tenant compte de la nécessité pour le professionnel assistant d’être auprès du patient accompagné. Parfois, il faut aussi trouver le lieu. Comme la téléconsultation assistée est utilisée notamment pour prendre des constantes ou réaliser des actes techniques simples ne pouvant être effectués que par des professionnels de santé cela veut dire que le médecin doit s’assurer que le lieu de la consultation ou bien le professionnel assisteur disposent bien des dispositifs médicaux nécessaires. L’organisation est plus complexe car elle demande une communication entre les deux professionnels de santé mais elle élargit l’accès aux soins pour les plus fragiles.

Comparaison des situations d’usage les plus courantes

Le plus souvent la téléconsultation a lieu lorsque le patient ne peut pas se déplacer pour une raison ou une autre. Ou elle répond à des problèmes d’accès aux soins comme par exemple en zone sous-dotée. Ces deux critères sont valables pour la téléconsultation classique comme pour la téléconsultation assistée. Cette dernière est toutefois utilisée lorsqu’une autre raison empêche que le patient réalise la téléconsultation de façon autonome : éloignement du cabinet, problème de mobilité, maintien au domicile. A noter également que la téléconsultation classique concerne le plus souvent des patients actifs, habitués à utiliser l’outil numérique. Alors que la téléconsultation assistée est utilisée plus majoritairement pour les patients âgés ou en situation d’illettrisme numérique. En bref, la téléconsultation autonome est simple alors que la téléconsultation assistée est, du fait du public et de l’organisation à mettre en œuvre, complexe.

Tableau récapitulatif : environnement, accompagnement et matériel nécessaire

Téléconsultation autonomeTéléconsultation assistée
EnvironnementDomicile du patient  ou cabine de téléconsultationPharmacieCabinet infirmier ou sage-femmeCabine de téléconsultationEhpadEtablissement de soinsDomicile du patient
Accompagnement Patientèle utilisant avec aisance le numérique, peut utiliser des instruments simples comme ceux des cabines
Patientèle fragile au domicile ou en établissement ayant besoin de médiationPatientèle ayant besoin d’aide à l’utilisation des dispositifs numériquesPatientèle nécessitant la réalisation d’actes techniques Patientèle peu mobilePatientèle en zone sous-dotée
MatérielOrdinateur, tablette ou smartphoneLogiciel équipé d’une fonctionnalité de vidéotransmission sécureAgendaOrdinateur, tablette ou smartphoneLogiciel équipé d’une fonctionnalité de vidéotransmission sécureAgendaMessagerie instantanée de santé pour transfert de documents

Cas d’usage et situations cliniques typiques

Du fait qu’elle est désormais entrée dans les mœurs, il est possible de déterminer des cas typiques d’utilisation de la téléconsultation. 

Situations adaptées à la téléconsultation autonome 

Les cas d’usages typiques de la téléconsultation en autonomie incluent :

  • Le suivi de patients chroniques à domicile (diabète, asthme…)
  • L’accès facilité à un médecin en zone sous-dotée.
  • Les consultations de renouvellement d’ordonnance.
  • Le décryptage de résultats d’analyse ou d’imagerie prescrits par le professionnel.
  • Les premières consultations pour des motifs simples.

Situations nécessitant une téléconsultation assistée

Les situations les plus classiques en téléconsultation assistée sont :

  • La prise en charge d’un patient peu autonome ou en situation de fragilité : patients âgés ou en situation de handicap
  • Le patient accompagné résidant en établissement (EHPAD ou autres)
  • Le patient ayant besoin d’une assistance médicale ou numérique
  • La téléconsultation en cabine ou faisant appel à des objets connectés

Exemples concrets selon les profils (médecin, infirmier, pharmacien)

Pour un médecin qui suit un malade chronique, la téléconsultation est utile pour renouveler les prescriptions ou pour commenter des résultats des examens récurrents. Elle vient en appui d’un parcours de soins où le patient vient régulièrement au cabinet. Elle est adaptée par exemple pour un patient asthmatique ou diabétique suivi au long cours.

La téléconsultation assistée est réalisée par exemple par un infirmier libéral pour un patient âgé vivant au domicile mais ayant des difficultés de déplacement. Dans ce cas, l’IDEL prend les constantes, réalise si nécessaire d’autres mesures et fait le médiateur avec le médecin. Le professionnel utilise alors son propre logiciel métier et son propre matériel. La même logique s’applique pour une téléconsultation assistée auprès d’un patient en EHPAD menée par l’infirmier coordinateur de l’établissement.

Quant au pharmacien, il intervient dans deux cas. Pour une téléconsultation assistée comparable à celle pratiquée par l’IDEL, souvent pour un patient présentant des difficultés avec le numérique. Il assiste également la personne qui utilise la cabine installée dans son officine.

Avantages et limites pour les médecins et les patients

Comme toute solution numérique, la téléconsultation doit être adaptée aux besoins.

Bénéfices de la téléconsultation assistée pour l’accès aux soins

La téléconsultation médecin est une très bonne solution pour pallier le manque de médecins dans les territoires sous-dotés. Il permet d’organiser des consultations à distance pour certains des patients afin d’optimiser le temps et éviter une visite. De la même façon, cette consultation à distance permet de réduire les déplacements des patients vers les zones normalement dotées de médecin mais très éloignées. La téléconsultation rend également plus facile l’accès aux médecins pour les populations peu mobiles ou éloignées du système de soins. Ainsi cette consultation par vidéo, possible grâce au logiciel médical, rapproche médecin et patient au bénéfice des deux.

Impacts sur le temps médical et l’organisation des soins

En s’inscrivant de façon fluide dans l’agenda du praticien, la téléconsultation évite les pertes de temps. Elle peut également être utilisée lorsque le patient a un empêchement pour que la consultation puisse tout de même avoir lieu. Le fait de faciliter l’accès aux soins à distance peut également être utilisé pour prendre en charge des patients sans médecin traitant dans le cadre du service d’accès aux soins (SAS). Pour les médecins comme pour les patients, la téléconsultation fait gagner du temps et favorise une meilleure organisation.

Limites techniques, juridiques et relationnelles à connaître

Malgré tout ce qu’elle permet, la téléconsultation a quelques limites. A commencer par les limites techniques : pour pouvoir être réalisée dans de bonnes conditions, elle exige a minima une connexion internet de qualité. Or, il existe encore en France des zones blanches ou mal connectées qui peuvent entraver la téléconsultation. L’équipement du patient peut également avoir son importance, un smartphone ancien avec une définition d’image imparfaite peut rendre l’échange inconfortable. Au-delà, la téléconsultation se heurte à la difficulté pour certains d’entres nous, médecins comme patients, à nouer une relation hors de la présence physique. L’écran induit des comportements différents et notamment une perte de spontanéité qui fait perdre la capacité à prendre en compte le non verbal. Enfin, il existe plusieurs limites juridiques dont le fait que la téléconsultation est réservée aux personnes majeures. Et elle doit s’inscrire dans un cadre légal.

Cadrage légal, facturation et intégration numérique

Le législateur, l’assurance maladie et les professionnels de santé ont défini, par la loi et par la convention médicale, le cadre dans lequel peut se déployer la téléconsultation.

Réglementation et conditions de remboursement

Intégrée à la pratique dans la convention médicale depuis l’avenant 6 de 2018, la téléconsultation doit, pour pouvoir être réalisée, remplir trois conditions :

  • S’inscrire dans le respect du parcours de soins coordonné avec orientation préalable du médecin traitant,
  • Etre alternée avec des consultations en présentiel
  • Etre réalisée par un médecin de proximité

De plus, l’activité en téléconsultation des médecins est encadrée : un médecin ne peut pas réaliser plus de 20% par an de son activité selon cette modalité. En échange du respect de cadre, la téléconsultation est prise en charge par l’assurance maladie au même titre qu’une consultation normale, à savoir à 70%. Le tarif est de 25 € et les médecins en secteur 2 peuvent pratiquer des dépassements. Pour mieux accompagner les praticiens, l’assurance maladie a édité une charte des bonnes pratiques en téléconsultation.

Traçabilité et intégration dans la facturation médicale via le logiciel

Comme une consultation normale, la téléconsultation donne lieu à un compte-rendu et, le cas échéant, à une prescription. Les deux doivent être intégrés au dossier patient, ce qui est normalement facilité par le logiciel métier. Les logiciels référencés Ségur permettent tous cette manipulation. Ils prévoient également la facturation en direct. Le patient reçoit ses documents soit par la messagerie sécurisée de santé, soit par MonEspaceSanté, la version patient du DMP.

L’importance de l’articulation avec le DMP et les logiciels métiers

Les règles s’appliquant à la téléconsultation étant les mêmes que celles de la consultation, l’alimentation du dossier médical partagé (DMP) doit pouvoir être réalisée de façon tout aussi fluide. C’est pourquoi il est important que le logiciel métier permette de déposer tous les éléments sur cet espace sans avoir à naviguer et à cliquer trop.

Focus sur Maiia Médecin : une solution flexible pour les deux modalités

Développée en réponse aux besoins des médecins, la solution Maiia Médecin, 100% web, permet de gérer la téléconsultation en toute simplicité et sécurité.

Comment Maiia  Médecin facilite la téléconsultation autonome

Le logiciel nouvelle génération intègre nativement l’agenda et la téléconsultation. Il permet donc de prévoir dans son planning des créneaux réservés à cette pratique et de les ouvrir ou non à la prise de rendez-vous directement par les patients. Il est même possible de réserver ces horaires aux patients déjà suivis. Avec les fonctions de rappels par sms, il est également très simple de transformer une consultation en une téléconsultation si le patient le demande. 

Comment Maiia Médecin simplifie la téléconsultation assistée

Sa fluidité et surtout son interopérabilité fait de Maiia Médecin, l’outil idéal pour la téléconsultation assistée. Le logiciel peut se connecter très facilement avec les outils qu’utilisent les infirmiers en libéral comme en EHPAD ou avec les pharmaciens.

Une plateforme sécurisée et conforme 

Le système de vidéotransmission inclus dans le logiciel, répond, comme l’ensemble des fonctionnalités aux normes du RGPD et les données sont stockées par Cegedim Cloud, un hébergeur français référencé HDS.  Maiia Médecin est, par ailleurs, référencé Ségur Vague 1 et en cours pour la Vague 2. Des mises à jour régulières permettent par ailleurs d’améliorer constamment la solution en fonction des retours des professionnels de santé.

Conclusion

La téléconsultation assistée et la téléconsultation en autonomie offrent des solutions complémentaires pour améliorer l’accès aux soins à distance. Grâce à des outils de téléconsultation intégrés comme c’est le cas dans Maiia Médecin, les médecins optimisent l’organisation de leur cabinet médical tout en garantissant une prise en charge de qualité pour leurs patients, qu’ils soient accompagnés ou autonomes.

Vous souhaitez en savoir plus sur Maiia Médecin ?