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17.09.2026
Installation

L’installation en libéral : nirvana ou fausse liberté pour les infirmiers ?

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  • L’installation en libéral implique de devenir « chef d’entreprise » et donc d’apprendre ce nouveau métier.
  • Faire un stage, des remplacements ou travailler en tant que collaborateur sont des bonnes façons de vérifier son appétence à l’exercice libéral.

S’installer ou pas ? La question traverse souvent l’esprit des jeunes diplômés comme des IDE plus aguerris cherchant à donner une nouvelle orientation à leur métier. Elle est d’autant plus légitime que les besoins de soins de ville progressent avec le vieillissement démographique. Quelques pistes de réflexion avant de se lancer.

Chaque année, environ 25 000 personnes obtiennent leur diplôme d’Etat d’infirmier. Sur ce nombre, seuls 500 environ ont choisi l’exercice libéral après 5 ans selon les chiffres de l’Ordre national des infirmiers (ONI). Toujours selon l’ONI, leur nombre a néanmoins augmenté de 9,7% entre 2020 et 2024. Une croissance qui semble insuffisante face au vieillissement démographique de la population française. Celui-ci pourrait accroître le besoin en soins infirmiers de 50% entre 2021 et 2050. Qui dit patientèle âgée, dit soins en établissements mais aussi au domicile : le besoin d’infirmiers en libéral devrait donc progresser dans les années qui viennent.

La réalité du quotidien du libéral

La journée d’un infirmier diplômé d’Etat libéral (IDEL) est construite autour de soins souvent prodigués quotidiennement : administration de traitement, insuline, pansement. A ceci s’ajoutent les bilans sanguins, la vaccination et, depuis la loi Profession Infirmière, toutes les actions de prévention. Sur une journée, cela peut représenter jusqu’à 35 actes.

La patientèle de l’IDEL est principalement au domicile. Le professionnel doit donc savoir gérer l’intimité de la personne. De plus, la tâche du libéral ne s’arrête pas aux soins. Il doit également gérer la facturation, les rendez-vous, les échanges avec les laboratoires, les médecins, les autres paramédicaux, voire les intervenants sociaux. Sans compter la gestion quotidienne d’un cabinet avec les factures de matériel, de location, d’essence, etc. C’est pourquoi s’installer en libéral correspond bien aux personnes énergiques, capables de s’organiser et aimant travailler en autonomie.

Les écueils qu’il vaut mieux anticiper

L’installation en libéral fait beaucoup rêver ceux qui souffrent des modalités de travail dans certains établissements. Toutefois, le travail en libéral n’est pas non plus un long fleuve tranquille car cela revient à devenir un chef d’entreprise ou, dans le cas d’une collaboration, un gestionnaire avisé de la facturation.

Les responsabilités que l’on prend en libéral, sont élevées vis-à-vis des patients mais aussi vis-à-vis des organismes sociaux, des impôts, des assurances, etc. L’organisation est également contraignante avec des actes qui sont réalisés tôt le matin ou en fin de journée. Et le temps de travail est, du fait notamment des tâches administratives, élevé. Sans compter les aléas des trajets et des coûts. La crise du détroit d’Ormuz et ses effets sur le prix de l’essence ont pesé sur les revenus des IDEL et le risque existe toujours. Par ailleurs, le libéral doit se tenir informé constamment des évolutions conventionnelles, des modifications de la NGAP mais également des changements fiscaux et sociaux. Par exemple, l’IDEL est concerné à partir de septembre par la facture électronique.

Comment se décider et se lancer ?

La meilleure façon de vérifier son appétence sur le libéral est d’aller voir sur le terrain. A minima, aller discuter avec quelques IDEL du territoire visé. L’idéal est de pouvoir tester en grandeur nature.

Pour les jeunes infirmiers en formation, c’est facile : un stage en cabinet permet de découvrir tout le quotidien du libéral par le menu, avec, en prime, la possibilité de poser toutes les questions possibles aux infirmiers de l’équipe. Pour ceux qui sont déjà en poste en établissement, il est possible de choisir un exercice mixte, c’est-à-dire combinant un poste à temps partiel à l’hôpital tout en effectuant un remplacement par exemple ou bien pour prendre un poste de collaborateur.

Ces deux pratiques répondent à plusieurs conditions dont un accord de l’Ordre. Mais c’est une bonne façon de découvrir le libéral ou de bien gérer la transition entre salariat et libéral en prenant le temps de bien saisir toutes les subtilités de ce mode d’exercice.

Les aides et les principales démarches

L’infirmier libéral a pris et va prendre, dans le cadre de la loi Profession Infirmière, une place importante dans le parcours et l’accès aux soins. C’est pourquoi et comme les médecins, son installation ne se réalise pas dans les mêmes conditions selon les territoires. La France est ainsi découpée en différentes zones. Et il n’est pas possible de s’installer dans une zone dite très dotée ou sur-dotée sauf pour reprendre l’activité d’un IDEL.

A l’inverse, l’Assurance maladie prévoit des aides conséquentes pour les installations ou poursuite d’activités dans les zones dites sous-dotées, très sous-dotées ou intermédiaires. Celles-ci vont de 3000 € à 37500 €. Pour les obtenir, il faut donc bien choisir son implantation et réaliser toutes les démarches nécessaires à commencer par la signature de la convention infirmière. Sans oublier de créer officiellement son entreprise en ayant pris soin de réfléchir au meilleur statut. Car il est possible de s’installer en entreprise individuelle ou bien en société d’exercice libéral. Cette dernière a l’avantage de protéger le patrimoine personnel mais est plus exigeante en termes de gestion et notamment en termes d’imposition.

6 mois de préparation

La clef d’une installation réussie est la préparation. La plupart des observateurs estime à 6 mois le délai nécessaire pour ce faire. Il faut :
– choisir son implantation,
– étudier la patientèle possible,
– choisir son statut d’entreprise,
– effectuer toutes les démarches administratives,
– trouver un local,
– s’équiper en matériel,
s’acculturer à la facturation,
– déterminer son rythme de travail,
– apprendre à gérer son planning,
– se familiariser avec son logiciel, etc.

Pour se faciliter la vie, il ne faut pas hésiter à se faire épauler par un expert-comptable spécialiste des professions de santé et par le réseau des autres IDEL du territoire. Parce qu’être indépendant ne veut pas dire solitaire !

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